Les grandes dates de la vie de l’Astrolabe

Les grandes dates de la vie de l’Astrolabe

L’Astrolabe, de son nom de baptême «La Coquille» a été construite à Toulon. De la classe Chevrette, comprenant 12 navires (la Chevrette, la Coquille, l’Églantine, la Marguerite, l’Active, l’Alouette, la Zélée, la Lamproie, la Truite, la Lionne, l’Infatigable et l’Émulation), sur cale en décembre 1810, lancée en aout 1811, mise en service en janvier 1812 est à l’origine un navire de charge pour le transport de la cavalerie. Construite sur les plans de Pestel, sous le nom de « Grande gabare écurie » elle sera reclassée corvette de 2ème classe.

L’Astrolabe et la Zélée au mouillage dans la rade de Banda dans l’archipel des Moluques.

Je soussigné François Aguillon, négociant, résident à Toulon, me soumets et m’engage à construire auxdits ports de Toulon et de la Seyne dix gabares écuries ainsi que leurs mâtures. Les gabares écuries et chaloupes canonnières construites et emménagées suivant les clauses du devis me seront payées à Toulon, savoir chaque gabare écurie à rai- son de cent trois mille quatre cents francs. La mâture complète avec sa garniture et rechange pour six mois de cam- pagne me sera payée savoir, pour chaque mâture de gabare à raison de dix mille deux cents francs. (En marge est por- tée la mention suivante, signée du ministre Decrès) Vu et approuvé sous la condition expresse que les constructions qui sont l’objet du présent marché seront chevillées, clouées et doublées en cuivre et que la fourniture de ces cuivres sera à la charge des entrepreneurs.

1813 : Durant les premières années, la Coquille (futur Astrolabe) a pour mission le transport d’hommes et de munitions. 1818 : Campagne le long des côtes d’Afrique (Bône).
En 1820, en relâche à Naples, elle est frappée par la foudre qui la transperce. Son commandant doit alors l’échouer pour éviter qu’elle ne coule. Remorquée à Toulon, elle subit une refonte aux 12/24e.

Sur les indications de Duperrey et Dumont d’Urville qui l’ont choisie pour leur futur campagne autour du tour du monde, elle est remodelée afin de permettre d’offrir tout le logement nécessaire à un équipage nombreux et à la grande quantité de matériel que nécessitent les travaux scientifiques auxquels elle est destinée. Son faible tirant d’eau permet d’espérer une hydrographie confortable et peu risquée.

Du 11 Septembre 1822 au 31 Mars 1825, la Coquille effectue un voyage de 25 000 milles autour de la Terre sous le commandement du lieutenant de vaisseau Duperrey et Dumont d’Urville commandant en second, ils ramèneront une importante collection de végétaux et d’insectes.

Rebaptisée l’Astrolabe le 15 Décembre 1825.

En avril 1826, d’après les souhaits de Dumont d’Urville la corvette est modernisée. Doublé en feutre (mélange de poils et de laine imbibé de goudron devenant parfaitement élastique et résistant à l’action de l’eau) et pourvu d’ancres un peu moins fortes. Sa nouvelle dénomination est un hommage au navigateur de La Pérouse (l’Astrolabe et la Boussole composaient l’expédition). L’Astrolabe compte pour cette nouvelle campagne, près de 80 hommes, état-major compris.

25 Juin 1826 : départ pour le second voyage autour du monde sous le commandement du capitaine de frégate Dumont, d’Urville, le lieutenant de vaisseau Jacquinot est le second, Pierre-Adolphe Lesson le pharmacien, naturaliste. Ce voyage autour du monde a pour mission de pousser plus loin dans l’exploration de l’Océanie, de cartographier la Nouvelle-Guinée, la Nouvelle-Zélande et les autres îles de l’océan Pacifique encore peu connues. Il devait de plus rechercher les traces de l’expédition de La Pérouse perdue en 1788 entre la Nouvelle Calédonie et la Louisiade. Ils rentrèrent à Marseille le 25 mars 1829 après avoir identifié à l’île de Vanikoro les restes de l’expédition de La Pérouse, puis à Toulon en Avril 1829.
L’Astrolabe reprend ensuite son rôle de transport en Méditerranée.

Fin 1829 : Le lieutenant de vaisseau Raymond-Jean-Baptiste de Verninac Saint-Maur, commandant de la corvette a pour mission de ramener d’Égypte Jean-François Champollion et ses précieuses antiquités en terre de France. Le 9 novembre 1829, à Alexandrie, Champollion assiste au chargement à bord de ses trésors archéologiques notamment le beau sarcophage de Zeher, le grand bas-relief du tombeau de Ménephtha, mais aussi toutes les caisses contenant les stèles, momies et autres objets destinés au Musée du Louvre. Le 6 décembre 1829, Champollion dit adieu à « sa terre sainte ». La traversée prendra 19 jours, le 23 décembre l’Astrolabe arrive enfin à Toulon. C’est ainsi que Verninac Saint- Maurné à Souillac le 11 juin 1794, issu de la noblesse, (entré dans la marine en 1812 comme novice, il sera nommé ministre de la Marine en 1848 durant le deuxième République) entre dans la vie de Champollion… Originaire tous deux du quercynois, Champollion trouve dans le commandant Verninac « un fort aimable homme, très-instruit et de la plus agréable société, c’est quelque chose partout, bien plus encore sur mer » ! Ils resteront liés par une belle et solide amitié.

1830 à 1832 : L’Astrolabe sert de ravitailleur entre Alger et Oran et reprends ses navigations en Méditerranée essentiellement au levant. (le Levant désigne traditionnellement les pays bordant la côte orientale de la Méditerranée). Fait les campagnes d’Algérie et de Morée et sert de ravitailleur entre Alger et Oran. Puis de Toulon vers le Levant en passant par Bône (Ville portuaire au nord-est de l’Algérie).

1831 : Commandant, le lieutenant de vaisseau Jean de Rasilly (1797-1861), marquis de Razilly, Juillet 1832 : Sous le commandement du lieutenant de vaisseau Hérail, la corvette navigue entre Beyrouth et Toulon, puis elle transporte des troupes d’Alger à Bône et croise dans le golfe de Store (Est Algérien).

Juillet 1832 : Sous le commandement du lieutenant de vaisseau Hérail, la corvette navigue entre Beyrouth et Toulon, puis elle transporte des troupes d’Alger à Bône et croise dans le golfe de Store (Est Algérien).

1834 – 1835 : Capitaine, le lieutenant de vaisseau Léonard Victor Joseph Charner (1797 – 1869). La corvette navigue entre Alger, Marseille, Toulon et Bougie.

1835 : Désarmée à Toulon. 1836 : Refonte.

13 Juin 1837 : Si le capitaine de vaisseau Dumont d’Urville, commandant de l’Astrolabe et chef de l’expédition, choi- sit de repartir autour du monde à bord de l’Astrolabe, c’est bien parce qu’il est intimement convaincu que ce type de navire lourd et trapu est le mieux adapté aux voyages scientifiques de circumnavigation . Accompagnée de la Zélée (corvette de la même classe) commandée par Hector Jacquinot, les deux corvettes sont les premiers navires réellement aménagés pour aller croiser dans l’antarctique. Le succès d’une entreprise aussi longue, dangereuse et délicate, ne dépend pas exclusivement des hommes.

Le choix des navires est capital. C’est eux qui devront résister aux tempêtes, à la pression des glaces, au frottement des coraux. C’est eux qui par leur agencement intérieur, devront offrir assez de places de stockage des vivres, du matériel scientifique , des collections, pour la réalisation d’expérience, pour le loge- ment de 80 hommes. Des hommes qui vont vivre ensemble durant 3 ans et dont la promiscuité sera la principale source de conflits. Ils sont donc ventrus et peu rapides mais stables par tous les temps, très manoeuvrables, résistants à la pression extérieure des glaces et leur fond plat leur permet de rester posés sur le fond sans risque de chavirage, s’ils s’échouent. Après avoir naviguer durant trente mois dans le Pacifique sud et l’Océanie, elle atteint le point 66°30′ de latitude Sud, 138°21′ de longitude Est sous le cercle polaire antarctique, découvre en février 1840 la Terre Adélie et obtint de nombreux autres résultats scientifiques dans les domaines de l’histoire naturelle, de l’ethnologie, du magné- tisme terrestre, de l’hydrographie …

6 Novembre 1840 : Retour à Toulon, très mal en point, l’Astrolabe est désarmée, puis subit une longue troisième re- fonte.

26 Janvier1847 : Réarmée, Louis-Marie-François Tardy de Montravel est nommé commandant, il a pour mission de rejoindre la station navale des côtes de l’Argentine durant la Guerre de la Plata. En 1850 à Montevideo, Il est chargé de ramener en métropole le traité conclu avec ce pays le 31 août 1850.

24 Novembre1850 : Retour en France. Juin 1851 : Désarmée.

14 Aout 1851 : Condamnée et rayée de la flotte.
22 Mai 1852 : Halée sur cale à Toulon pour être démolie.

Sources : La flotte de Napoléon III , dossiersmarine.org, Annales Maritimes 1834 et école.nav.traditions.free.fr

L’Astrolabe c’est tant de terres explorées, tant de trésors d’histoire naturelle et d’anatomie amassés pour la science, qui a enrichi la France et la monde.

Figure de proue de l’Astrolabe
Coupes de la corvette
Poupe de l’Astrolabe
Surface des différentes voiles de la corvette
Plan de l’entrepont